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- Promotion 2024
- Formation Jeu Vidéo
- Travaille actuellement chez Honikou Studio
- poste 3D Artist
Diplômé de l’ESMA en 2024, Giovan Buiatti travaille aujourd’hui comme 3D Artist chez Honikou Studio. Un début de parcours encore récent, mais déjà traversé par plusieurs expériences fortes : la découverte d’une formation exigeante, le passage progressif vers la spécialisation, un premier projet professionnel marquant, et une entrée dans une industrie où la passion reste intacte malgré un contexte d’emploi devenu plus difficile pour les profils juniors.
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N'hésitez pas à contacter Angélique Ribas, Content Manager pour partager votre parcours d'alumni.Une formation complète pour construire ses bases
Lorsqu’il rejoint l’ESMA en 2021, Giovan Buiatti arrive avec une idée claire : il lui faut une formation complète. Il ne cherche pas seulement à apprendre un logiciel ou une spécialité isolée, mais à construire des bases solides sur l’ensemble de la chaîne de création 3D. « Je démarrais vraiment de zéro sur tous les aspects », explique-t-il.
C’est précisément ce qui l’attire dans l’école : une approche polyvalente au départ, puis une spécialisation progressive au fil des années.
Ce modèle correspond à son besoin du moment. Avant de choisir un domaine précis, il lui faut comprendre les étapes, les métiers, les outils, les méthodes. L’ESMA lui offre cette progression de A à Z, avec le temps nécessaire pour découvrir, expérimenter, puis affiner son orientation.
« C’était une école qui proposait un aspect très polyvalent dans la formation où, au fur et à mesure des années, on se spécialisait sur l’aspect du milieu qui nous plaisait le plus », résume-t-il.
De la polyvalence à la maîtrise des outils professionnels
Cette montée en compétence passe naturellement par l’apprentissage des logiciels professionnels. Maya, Photoshop et les autres outils de création deviennent progressivement des instruments de travail quotidiens.
Aujourd’hui encore, ils sont au cœur de son métier. La formation lui a permis d’acquérir cette familiarité technique indispensable pour évoluer dans un environnement de production, où la maîtrise des outils doit servir une intention visuelle, mais aussi répondre à des contraintes concrètes.
Un groupe soudé comme moteur du parcours
Pour autant, ce ne sont pas seulement les logiciels qui marquent son souvenir de l’école. Ce qu’il retient avec le plus de force, c’est le groupe. La classe. Le rapport humain.
« On avait vraiment un groupe très soudé », raconte-t-il.
Un élément qui peut sembler périphérique, mais qui a compté dans son quotidien d’étudiant. Se lever chaque matin avec l’envie de retrouver des personnes avec lesquelles travailler, échanger et rire donne une autre dimension à la formation.
Cette dimension collective compte d’autant plus dans des études exigeantes, où les heures de travail sont nombreuses et les projets prennent souvent beaucoup de place. Giovan garde de cette période le souvenir d’un investissement intense, mais porté par une énergie commune.
L’école n’est pas seulement un lieu d’apprentissage technique ; elle devient aussi un environnement de création partagé, où l’on progresse avec les autres autant que par soi-même.
Modéliser, texturer, intégrer : le quotidien d’un 3D Artist
Aujourd’hui, son métier de 3D Artist l’amène à intervenir sur des assets destinés à des productions interactives ou visuelles. Une tâche peut commencer par un objet à créer : une arme, un meuble, un élément de décor ou tout autre objet nécessaire à un projet.
Il faut d’abord le modéliser dans un logiciel 3D comme Maya, Blender ou 3ds Max, puis lui apporter ses textures. Giovan le formule simplement : texturer, c’est « comme si je coloriais l’asset ».
Une fois l’objet modélisé et texturé, il doit encore être intégré dans un moteur de jeu. Selon les projets, cela peut passer par Unreal Engine ou Unity, le moteur sur lequel il travaille actuellement.
Son quotidien se situe donc à la croisée de plusieurs compétences : compréhension de la forme, sens du détail, logique de production, contraintes techniques, optimisation pour un moteur temps réel.
Du rythme étudiant au rythme de studio
Ce passage de l’école au studio lui a aussi permis de revoir certaines idées reçues. Pendant ses études, Giovan imaginait que l’entrée dans l’industrie signifierait nécessairement travailler énormément.
La réalité s’est révélée plus nuancée.
« Je travaille beaucoup moins que quand j’étais étudiant », confie-t-il.
Non pas parce que le métier serait moins exigeant, mais parce que la vie professionnelle impose un autre rythme. Une fois la journée terminée, le temps redevient plus clairement personnel.
À l’école, au contraire, la logique d’apprentissage pousse souvent à continuer encore, à perfectionner, à progresser, à chercher à devenir meilleur dans son domaine. Cette intensité fait partie du parcours. Elle prépare aussi à l’autonomie. Mais le monde professionnel lui apporte une forme d’équilibre qu’il n’avait pas forcément anticipée.
Ce qui reste intact, en revanche, c’est le plaisir de créer. Giovan dit ne pas avoir l’impression de “faire un travail” au sens pesant du terme. Ce qui le motive au quotidien, c’est la possibilité de fabriquer de nouvelles choses, d’apporter sa touche à un projet, qu’il soit de grande ou de plus petite envergure.
« J’ai l’impression de m’amuser tous les jours », dit-il.
Une phrase simple, mais qui dit beaucoup de ce qui l’a conduit vers ces métiers.
Twisted, une première expérience professionnelle marquante
Parmi ses premières expériences professionnelles, un projet occupe une place particulière : Twisted, un long métrage de Dwarf Animation Studio sur lequel il a travaillé.
Ce projet marque d’abord son entrée dans le milieu. Mais il est aussi associé à une équipe qu’il décrit comme exceptionnelle, composée de personnes au talent immense. Cette rencontre avec des professionnels très expérimentés a eu un effet immédiat : elle l’a ramené à une forme d’humilité.
« Ça m’a remis les pieds sur terre », reconnaît-il.
Dans une industrie où le niveau est élevé, découvrir concrètement la qualité des personnes avec lesquelles on travaille permet de mesurer le chemin déjà parcouru, mais aussi celui qui reste à accomplir. Ce constat n’est pas décourageant. Au contraire, il alimente l’envie de progresser.
Quand le jeu vidéo dialogue avec l’animation
Twisted a aussi été important pour une autre raison : Giovan y a senti qu’il avait une place singulière.
Recruté en partie pour ses compétences liées au jeu vidéo, il a pu apporter à la production des méthodes et des techniques issues de cet univers. Cette passerelle entre jeu vidéo et animation lui a permis de contribuer autrement, en introduisant des approches qui n’étaient pas forcément connues ou utilisées dans le pipeline d’animation traditionnel.
Cette expérience confirme un point important dans son parcours : la polyvalence initiale, puis la spécialisation progressive, peuvent devenir un véritable atout.
Savoir dialoguer entre plusieurs univers de production, comprendre les logiques du temps réel et les contraintes de l’animation, savoir adapter des techniques d’un secteur à un autre : autant de compétences qui peuvent donner à un jeune profil une valeur particulière.
Débuter dans une industrie plus sélective
Pour la suite, Giovan formule un objectif simple : continuer à travailler dans le milieu. Rester actif, rejoindre des projets de plus en plus stimulants, progresser encore, devenir meilleur dans son domaine.
Derrière cette ambition, il y a aussi une conscience lucide du contexte. L’industrie traverse une période compliquée, notamment pour les juniors. Les licenciements se sont multipliés dans plusieurs studios, tandis que les embauches se sont raréfiées.
Cette situation crée une concurrence plus forte. Les professionnels licenciés disposent souvent de plusieurs années d’expérience, ce qui les place naturellement devant des jeunes diplômés sur de nombreuses opportunités.
« Ils prennent les emplois des juniors et ça fait effet boule de neige », observe Giovan.
Pour les profils qui sortent d’école ou qui débutent, trouver un poste devient donc particulièrement difficile.
Lui-même reste vigilant. En CDD, il sait qu’il doit anticiper la suite, reprendre contact avec des studios, préparer les prochaines étapes avant la fin de son contrat. Il ne croit pas à l’idée qu’une opportunité arrivera d’elle-même.
Dans ce secteur, il faut se rendre visible, entretenir son réseau, montrer son travail, rester en mouvement.
Son conseil aux juniors : travailler, montrer, rester visible
Son conseil aux étudiants et aux jeunes diplômés tient dans cette exigence : ne pas attendre passivement.
Continuer à travailler, parfois plus que nécessaire, pour se démarquer. Non pas dans une logique d’épuisement, mais parce que l’excellence reste un facteur décisif pour obtenir une première place.
« C’est en étant le meilleur des juniors qu’on obtient un travail », résume-t-il.