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Juni Ba

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Juni Ba : “À l’ESMA, j’ai trouvé des gens qui m’ont encouragé à développer mon propre univers”

mobilis tko presents – 2023

De l’illustration au comics : le parcours construit de Juni Ba 

 

Très tôt, Juni Ba sait ce qu’il veut faire. À onze ans déjà, l’objectif est clair, presque immuable. Des années plus tard, il résume son parcours avec une simplicité directe : « Ma vie actuelle correspond exactement à ce que je voulais quand j’avais onze ans. » 

 

Juni Ba est auteur de bande dessinée, au sens le plus complet du terme. Il écrit et dessine ses propres histoires. Il partage aujourd’hui son activité entre des projets personnels, portés par des maisons d’édition indépendantes, et des collaborations avec de grands éditeurs internationaux, jusqu’à travailler pour Marvel ou sur des figures emblématiques comme Batman et Robin. Une trajectoire qui s’est construite progressivement, sans raccourci, au prix d’un engagement constant. 

 

À la sortie de l’école, la situation reste instable. Il travaille alors sur plusieurs bandes dessinées en parallèle. « En sortant de l’école, je menais trois projets de BD en même temps. » Il faudra deux à trois ans avant que les opportunités deviennent plus régulières. Internet joue un rôle décisif dans cette phase. Il publie ses dessins, partage des bandes dessinées abouties, démarche des maisons d’édition, jusqu’à ce qu’un projet trouve un écho. « Le hasard a voulu que cette première opportunité se concrétise aux États-Unis. » 

monkey meat image comics – 2022

Son quotidien est structuré autour de l’écriture et du dessin. La majeure partie de son temps se passe à sa table de travail, à construire des pages, affiner des récits, échanger avec des éditeurs et des collaborateurs.

Il travaille rarement sur un seul projet à la fois. « J’ai généralement deux ou trois projets en cours. » Dans les périodes les plus fluides, le rythme s’intensifie. « Il m’arrive d’atteindre quatre à cinq pages par jour. » 

 

L’orientation vers une formation artistique s’impose dès le lycée. Ayant grandi avec la bande dessinée, Juni Ba ressent très tôt le besoin de raconter des histoires. Il identifie clairement ce qu’il souhaite approfondir.

« On m’a proposé de m’orienter vers la 3D, mais ce n’était pas ce qui m’intéressait. Je voulais un champ où le dessin soit central. » L’illustration, le dessin narratif et la construction d’images au service du récit deviennent alors son axe principal. 

 

Son passage à l’ESMA, au sein de la formation Illustration, joue un rôle déterminant. Plus qu’un simple apprentissage technique, il y trouve un cadre structurant. « L’apport essentiel de l’ESMA a été la structure. » L’école lui permet de se concentrer sur ce qu’il a réellement envie de faire, tout en bénéficiant de repères clairs.

Il souligne l’implication des enseignants, leur capacité à orienter, à identifier ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas, mais aussi à encourager le développement de projets personnels en parallèle du travail académique. « L’objectif n’était pas seulement de répondre aux exercices, mais aussi de faire avancer mes propres projets. » 

the boy wonder dc comics – 2024 bis

Parmi les enseignements suivis au cours de cette formation en illustration, certains ont joué un rôle particulièrement marquant. Juni Ba évoque notamment le design graphique, non comme un cœur de cursus, mais comme un espace de réflexion appliqué à la bande dessinée, en grande partie en raison de la relation exigeante entretenue avec un professeur.

« C’était celui qui me donnait les conseils les plus précis sur la bande dessinée, et aussi celui avec lequel les échanges étaient les plus vifs. » Une relation formatrice, à l’image d’un médium qui demande rigueur, confrontation et remise en question permanente. 

 

Cette période lui permet de préciser son univers et ses ambitions. À la sortie de l’école, il sait déjà quels types de livres il souhaite réaliser. Le principal enjeu devient alors éditorial. Trouver un espace de publication. « À partir de là, j’ai surtout laissé ma hargne et ma persévérance guider la suite. » 

 

Lorsqu’il évoque les qualités nécessaires pour exercer le métier d’auteur de bande dessinée, Juni Ba met en avant la patience, la persévérance et la discipline. Il insiste également sur l’importance du relationnel, indispensable pour travailler avec des maisons d’édition et des collaborateurs, sans se laisser submerger par les phases de doute ou de stress.

 

Son travail personnel s’illustre notamment à travers DjeliyaMobilis : My Life with Captain Nemo et Monkey Meat, des œuvres dans lesquelles il développe un univers graphique et narratif singulier. En parallèle, il collabore sur des licences majeures de la bande dessinée américaine, parmi lesquelles Boy WonderTeenage Mutant Ninja Turtles et Black Panther, confirmant sa capacité à naviguer entre création originale et grands univers éditoriaux. 

Son conseil s’adresse directement à celles et ceux qui envisagent une formation en illustration ou en concept art. Cultiver une forme d’obstination, tout en conservant du recul sur soi-même. « Lorsqu’on s’oriente vers un parcours artistique, ce n’est jamais un hasard. Il existe un besoin profond de créer. »

Les doutes font partie du chemin, mais ne doivent pas dicter les choix. « Ces voix intérieures qui incitent à renoncer sont souvent trompeuses. » Ce qui compte, c’est la constance, et la capacité à rester fidèle à ce qui a motivé les premiers gestes de dessin. 

 

Pour en savoir plus sur les travaux de Juni Ba :

Juni Ba Comics-Illustrations


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