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- Promotion 2024
- Formation Design Graphique Plurimédia
- Travaille actuellement chez Agence Maison Sud
- poste Directrice Artistique
Diplômée de l’ESMA en 2024, Camille Sanchez avance avec cette énergie particulière de ceux qui ont trouvé leur voie en la construisant pas à pas. Arrivée à l’école en 2020, d’abord en prépa design, elle poursuit ensuite en Bachelor, obtenu en 2023, avant d’intégrer le Mastère Communication et direction artistique 360.
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Un parcours dense, exigeant, qu’elle achève avec le premier prix du jury. Une reconnaissance qu’elle évoque simplement, sans emphase excessive, mais avec une satisfaction assumée : « C’est une petite fierté quand même. »
Avant l’ESMA, Camille était en reconversion professionnelle. Elle savait vouloir évoluer dans un domaine créatif, sans avoir encore identifié précisément le métier vers lequel s’orienter. C’est justement cette ouverture qui l’a conduite vers la prépa design, perçue comme un espace d’exploration. Architecture, dessin, design, communication : cette première année lui permet de découvrir plusieurs disciplines, de tester des approches, et surtout de comprendre progressivement où se situent ses envies.
Apprendre à nourrir sa créativité
Ce que Camille retient de ses années d’études, ce n’est pas seulement l’acquisition d’outils techniques. C’est d’abord une méthode. Une manière de chercher, d’organiser ses idées, de construire une réponse créative solide. Elle insiste notamment sur un apprentissage qui l’accompagne encore aujourd’hui : la créativité n’est pas uniquement une intuition ou un don naturel. Elle se travaille.
« On pense souvent que la créativité, c’est inné, mais en fait pas du tout. C’est un truc qui se nourrit de manière constante. »
Les cours d’histoire de l’art, les références, la culture visuelle et la méthodologie de projet occupent une place importante dans son parcours. Ils lui ont permis de structurer son regard et de donner davantage de profondeur à ses propositions. À cela s’ajoutent l’organisation, la gestion du temps, la capacité à répondre à une demande, mais aussi les compétences techniques nécessaires au quotidien d’une directrice artistique.
Pour Camille, ces apprentissages ne sont pas restés théoriques. Ils continuent à irriguer sa pratique professionnelle. « Tout ce que j’ai appris ici, on l’utilise encore », résume-t-elle.
Des projets réels comme premier terrain professionnel
Parmi les expériences qui l’ont le plus marquée, Camille cite les projets menés avec de vrais commanditaires. Ces exercices, proches des conditions professionnelles, ont joué un rôle déterminant dans sa formation. Ils permettaient de répondre à des demandes concrètes, de présenter un travail devant des interlocuteurs extérieurs, et parfois même de créer de premières opportunités après l’école.
L’un de ces projets l’a particulièrement marquée : la création d’une affiche pour le festival What A Trip, réalisée avec son binôme Chloé Aubel. Le projet, mené dans le cadre d’un fil rouge, devait être imaginé, conçu et présenté en une semaine devant les représentants du festival. Une expérience courte, intense, mais décisive.
« C’était une expérience hyper enrichissante, pleine d’émotions. On s’est donné, et ça a payé. »
Le binôme remporte le concours. Cette victoire ouvre aussi une continuité professionnelle, puisque Camille et Chloé poursuivent ensuite leur collaboration avec le festival après la fin de leurs études. Elle cite également un autre concours remporté pendant sa formation, autour de la création d’une affiche pour le festival du polar. Pour elle, ces projets ont constitué un premier contact très concret avec les réalités du métier.
Une agence en création, entre stratégie, création et accompagnement
Aujourd’hui, Camille Sanchez est en pleine création d’agence avec Chloé Aubel, son binôme rencontré pendant le Mastère. Après un stage de six mois chez Wonderful, agence de communication à Montpellier, puis un CDD dans cette même structure, elle poursuit son activité à son compte avant de s’engager dans cette nouvelle étape entrepreneuriale.
Son quotidien est désormais multiple. Il mêle branding, campagnes d’affichage, stratégie de communication, naming, conseil, réflexion marketing et accompagnement client. À cette dimension créative s’ajoutent les réalités moins visibles de la création d’entreprise : gestion, administration, comptabilité, organisation. Une polyvalence qu’elle découvre pleinement aujourd’hui.
« On est vachement polyvalent. C’est un package de plein de choses. »
Cette diversité ne semble pas l’effrayer. Elle correspond même à ce qu’elle apprécie dans son métier : la variété des projets, la nécessité de comprendre des univers différents, le lien avec les clients, les moments de présentation, les échanges autour du brief. Camille aime la création pure, mais aussi l’accompagnement humain qui entoure chaque projet.
Elle le dit clairement : voir un client satisfait, comprendre que le travail présenté répond à ses attentes, constitue l’une des dimensions les plus gratifiantes du métier.
Trouver l’équilibre entre liberté créative et attente client
Camille porte aussi un regard lucide sur les difficultés du métier. Le plus complexe, selon elle, réside parfois dans la réponse à la demande client, notamment lorsque celui-ci arrive avec une idée très précise, presque définitive, du résultat attendu. Dans ces cas-là, la liberté créative peut se réduire, et tout l’enjeu consiste à trouver un équilibre.
Il faut entendre la demande, respecter l’objectif, mais aussi défendre une vision, une exigence, une proposition créative. Cette tension fait partie du métier. Camille l’aborde sans désillusion, plutôt comme un apprentissage permanent.
« Il faut trouver un équilibre entre l’attente et ce qu’on a envie de fournir aussi. »
Son rapport au travail reste marqué par le sérieux et l’engagement. Mais elle souligne aussi que, lorsque la passion est là, l’effort ne se transforme pas en renoncement. Il devient une composante naturelle du parcours.
Rendre le design plus accessible
Pour la suite, Camille et son binôme souhaitent développer leur agence, lui donner davantage d’ampleur, puis ouvrir des locaux physiques. Mais leur projet ne se limite pas à une structure de communication classique. Elles aimeraient aussi faire de ce lieu un espace d’échange autour du design, capable d’accueillir des collaborations, d’exposer des artistes et de créer du partage.
Cette ambition traduit bien la manière dont Camille envisage son métier : non pas comme une pratique isolée, mais comme un dialogue. Avec les clients, avec les artistes, avec les publics, avec d’autres créateurs.
Son conseil aux étudiants s’inscrit dans cette même logique d’ouverture. Profiter des années d’études, jouer le jeu, expérimenter, se tromper, recommencer. Pour elle, l’école est précisément le lieu où l’on peut tester sans se censurer.
« Il faut vraiment oser, tester, expérimenter. C’est le moment où on a le droit de faire des erreurs. »
Dans le parcours de Camille Sanchez, il y a cette continuité assez nette : une reconversion choisie, une formation vécue comme un terrain d’exploration, des projets réels qui font basculer les apprentissages dans le concret, puis une entrée dans l’entrepreneuriat. Une trajectoire encore jeune, mais déjà structurée par une idée simple : créer, oui, mais avec méthode, écoute et exigence.