Exercer une profession artistique en indépendant



14 Mar. 2016 / / école

Le salariat a longtemps été prédominant sur le marché du travail en France ; en 2015 encore, on recensait plus de 25 millions de salariés. On assiste cependant à une érosion de ce modèle depuis quelques années et à une explosion des travailleurs indépendants, dont le nombre a augmenté de presque 25% en 10 ans, notamment grâce à la création du statut d'auto-entrepreneur.

Freelance : un statut qui séduit les jeunes diplômés

Au sortir d'une école d'art, les jeunes diplômés sont de plus en plus nombreux à se lancer tout de suite en freelance, une option qui offre bien des avantages. Contrairement au statut de salarié, qui nécessite de faire les démarches auprès d'un éventuel employeur et retarde par là même le début de l'activité, le freelance peut dès l'obtention de son diplôme se lancer dans son activité.

L'une de ses priorités sera alors d'activer son réseau, qu'il devra sans cesse entretenir et développer, pour se faire connaître et trouver de nouveaux clients potentiels.

Ugo Valls, directeur artistique freelance que nous avions interviewé, précise même que : "[...]Il faut apprendre à être rigoureux et réactif, rester curieux et être ouvert à la critique pour avancer et se perfectionner."

Statut auto entrepreneur, portage salarial, affiliation à un régime...

Dans ce cadre, la création du statut d'auto-entrepreneur en 2009 dans la cadre de la Loi de la Modernisation de l'Economie (LME) a été une véritable aubaine : présentant peu de risques en terme de fiscalité, cette solution permet à l'entrepreneur de n'être imposé que sur son chiffre d'affaires (qui peut s'élever jusqu'à 32.900€ pour les prestataires de service - chiffres de 2015).

Pour les jeunes professionnels évoluant dans le domaine artistique, il est également possible d'opter pour le statut d'artiste-auteur ou le statut libéral, qui eux ne subissent pas de plafonnement de chiffre d'affaires.

Quant au portage salarial, il permet d’exercer son activité en indépendant, tout en bénéficiant des avantages du salariat (assurance chômage, sécurité sociale, retraite…).

Une flexibilité plébiscitée tant par les entreprises que par les indépendants

Si ces statuts se sont fortement développés ces dernières années, c'est notamment parce que ce modèle séduit beaucoup.

Il séduit les entreprises, qui peuvent externaliser des compétences, en faisant appel à un prestataire qu'ils pourront resolliciter ou non en fonction de son efficacité.
Mais il séduit également les jeunes diplômés, qui en indépendant pourront non seulement démultiplier les missions, mais aussi développer leurs compétences et aménager leur temps de travail dans la mesure du possible.

Des aides à la création d'entreprise individuelle

Il existe plusieurs astuces pour démarrer un entrepreneuriat dans de bonnes conditions.

Il est possible de bénéficier de plusieurs aides si l'intéressé est en recherche d’emploi au moment de la création de son entreprise, telle que l’Accre (Aide aux Chômeurs Créateurs et Repreneurs d'Entreprises) qui exonère partiellement des charges la première année.

Da façon générale, l’artiste n’est jamais vraiment seul, et peut se faire accompagner dans son quotidien et tout au long de sa vie d’entrepreneur par plusieurs organismes. La Maison des Artistes ou MDA (http://www.lamaisondesartistes.fr) et l’AGESSA (Association pour la Gestion de la Sécurité Sociale des Auteurs : https://www.agessa.org) peuvent notamment jouer un rôle de gestionnaire de sécurité sociale pour les artistes et auteurs d’œuvres graphiques et plastiques, en plus d’offrir des consultations juridiques.

Pour aller plus loin :
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Exercer une profession artistique en indépendant
Agesaa : Association pour la Gestion de la Sécurité Sociale des Auteurs
La Maison des artistes